Un week-end légendaire

Près d’un mois s’est écoulé depuis ma participation à la toute première convention de l’imaginaire dans l’est du Québec. Je voulais décanter un peu avant de vous faire un compte-rendu. Et après deux semaines de vraies vacances sans écriture ni aucune tâche d’auteure, je reviens enfin à mon clavier pour vous partager ces moments magiques que j’ai vécus à Légendes.

Pour vous remettre en contexte, j’ai rencontré Amélie Lebel lors du RDL Art Battle à l’été 2025. J’étais charmée d’avoir pu passer un week-end à échanger entre passionné.e.s de l’imaginaire, et ce, chez nous, au Bas-St-Laurent. Pourtant, le RAB était assez modeste par rapport à ce que Amélie nous réservait pour la suite. Lorsqu’elle nous a présenté sa vision pour Légendes, je me suis dit qu’elle avait beaucoup d’ambition. Je pouvais facilement imaginer toute la logistique et l’implication qu’un événement d’une telle ampleur pouvait impliquer. Je la trouvais pas mal courageuse (ou peut-être un peu naïve?)

En même temps, son projet représente tellement une belle opportunité pour la région, que je souhaitais vraiment que ça fonctionne. Bref, les attentes étaient élevées même si nous ne savions absolument pas à quoi nous attendre. Après tout, c’est une première édition. Amélie a mis le paquet sur la promotion. Il y avait des affiches partout en ville. Plusieurs partenariats avec les médias ont permis de faire jaser de Légendes. Mais la question qui tue en événementiel est « Est-ce que le public sera au rendez-vous? »

Le vendredi soir donc, je me rends à l’hôtel Universel pour l’accréditation. Mon amie Sandrine, avec qui je partage mon kiosque, arrive par autobus (ce qui est très pratique, car la salle est juste à côté de l’arrêt d’autobus). On installe notre table ainsi que celle du podcast des Crinqués qui est juste à côté de la nôtre. Car au cours du week-end, je serai aussi avec eux pour enregistrer des entrevues avec les artistes et exposant.e.s.

Déjà, on commence à prendre la mesure de ce que sera Légendes. Le parcours est en place, le stage est monté. On voit tout le monde s’activer pour les derniers préparatifs. La fébrilité est bien présente. Il y a tellement de choses à voir avec une belle programmation chargée. On se croise les doigts pour que le public soit au rendez-vous le lendemain.

J’ai encore plusieurs trucs à préparer à la maison, notamment plier des zines, préparer les lunches et cueillir un bouquet pour décorer la table. On manque malheureusement le show avec le groupe les Costauds. Ceux et celles qui y ont assisté ont eu beaucoup de fun. J’ai un petit regret, mais c’est ça que ça fait quand tu te prépares jusqu’à la dernière minute. J’héberge Sandrine pour la durée de l’événement, alors elle me donne un coup de main. Ça ne m’empêche pas d’aller me coucher super tard après avoir repassé plusieurs fois ma liste de choses à apporter.

Samedi matin, c’est le jour J. Et à notre grand bonheur, le public est au rendez-vous. Pas la grosse foule, mais un flux juste assez suffisant pour qu’on ne s’ennuie pas, tout en ayant le temps de jaser avec chacun.e. Je réalise que, pour moi, la qualité des échanges est plus importante que l’achalandage. Par expérience, je sais que plus il y a de monde, moins les gens prennent le temps de s’arrêter pour discuter. Ça et le fait qu’Amélie nous avait demandé de mettre l’accent sur le processus créatif plutôt que la vente, je crois que ça amené les traditionnelles conversations de salon ailleurs. Je retrouve avec plaisir ce qu’on a vécu au RAB l’an dernier. Une proximité entre le public et les créateurs qu’on ne retrouve pas nécessairement dans les salons du livre ni les Comiccons.

Ma seule déception: être trop occupée avec mes chapeaux d’auteure et de chroniqueuse pour pouvoir profiter de la programmation. Il y en a pour tous les goûts: démonstrations d’escrime, ateliers d’écriture, concert symphonique, tables rondes et actual play sur scène. On a même un détachement de la Garnison Forteresse Impériale qui s’est déplacé pour la première fois dans notre belle région. D’ailleurs, des cosplayeur.euse.s pro et amateurs arpentent le parcours d’exposition toute la journée, à notre plus grand bonheur.

Le soir venu, nous assistons au Bal masqué. J’hésitais à y aller. Les bals, c’est pas trop mon truc. Au final, c’est une belle expérience immersive dans un univers féerique. Avec l’orchestre symphonique de l’OJV, les performances d’acteurs et les beaux costumes, on a l’impression d’oublier la réalité le temps d’une soirée. On s’est encore couchés tard, mais bon, ça valait vraiment la peine.

Le dimanche matin, on arrive sur place et tout le monde est jovial. On a commencé à tisser des liens. L’ambiance est chaleureuse et conviviale. L’avant-midi est plutôt tranquille. C’est d’ailleurs le seul temps mort que nous avons dans tout le week-end. Et c’est le seul moment où je peux en profiter un peu pour aller voir les autres exposant.e.s et faire quelques achats. Parce qu’après ça, ça repart en force. Il y a du monde sans arrêt jusqu’à la toute fin.

Le week-end s’est déroulé comme ça, entre rencontres avec les gens et entrevues avec le podcast. Malheureusement, on a découvert qu’un problème technique a rendu nos entrevues du samedi inutilisables. On est en train de trouver un moyen pour faire un montage sans pénaliser personne. On va travailler là-dessus au retour des vacances estivales.

En prenant un pas de recul, je réalise que j’avais un peu peur que le côté exposition de l’événement limite la possibilité de créer des liens entre passionné.e.s. Ça plutôt été le contraire. Toute l’organisation avait été pensée pour rapprocher les passionné.e.s de l’imaginaire. De la conception du parcours à l’offre d’activités, en passant par les petits détails comme la chasse aux fées pour occuper les enfants… Tout avait sa place pour garantir le succès de l’événement.

Et que dire de l’accueil qu’on nous a réservé! La visibilité offerte par les médias sur place, les nombreuses commodités mises à notre disposition et sans oublier la disponibilité des membres du comité et des bénévoles pour répondre à nos besoins. Malgré le fait qu’ils étaient très occupés, ils sont passés nous voir à plusieurs reprises tout au long de l’événement pour s’assurer que tout allait bien. Je lève mon chapeau à toutes les personnes qui ont permis d’élever notre expérience à un niveau incroyable. Vraiment, là-dessus, Légendes n’a rien à envier aux autres événements du genre.

Je vous parle de tout ça comme si tout a été parfait. C’était pas mal le cas. Évidemment, il y a des petites choses à améliorer pour la prochaine édition. D’ailleurs, l’organisation a pris le pouls auprès des participant.e.s et est déjà en train de voir à des pistes d’amélioration pour l’année prochaine. Par exemple, les ateliers du samedi semblent avoir été moins populaires. De mon côté, j’ai donné un atelier privé à une participante. C’est pas grave, c’était plus intime et ça m’a permis de sortir un nouveau zine qui est disponible sur ma boutique. Pour le dimanche, l’organisation a poussé plus pour promouvoir les activités qui se déroulaient en dehors de la salle et ça semble avoir porté fruit. La preuve qu’ils peuvent se virer sur un 10¢ et s’adapter facilement.

Bref, je ne connaissais pas beaucoup Amélie, mais avec Légendes, j’ai découvert que c’est une personne pleine de ressources qui a su bien s’entourer dans sa vie. Sa passion et sa détermination ont fait en sorte qu’elle a pu mobiliser des gens de tous les milieux pour faire de cet événement un succès. Elle a toute mon admiration pour ce qu’elle a réussi à accomplir. Je la félicite et je tiens à lui dire un énorme merci pour ce qu’elle nous a offert, aux gens du Bas-St-Laurent comme à nous, passionné.e.s de l’imaginaire. Un événement d’une telle envergure mené par une équipe aussi professionnelle, c’est une belle vitrine pour notre région et surtout pour les créateurices d’ici.

Et tant qu’à être dans les remerciements, j’en profite pour dire merci à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin au succès de cet événement. Que ce soit l’équipe de l’agence Chimères, les bénévoles, les commanditaires (dont mon employeur, Usinage FR, merci!), les créateurices de contenu, les artistes, les animateur.trice.s et surtout le public. Merci infiniment! C’est vraiment un projet d’envergure qui n’aurait pas été possible sans la mobilisation de tout ce beau monde.

Et pour ceux et celles qui ont manqué ça, eh bien, surveillez la page Facebook de l’événement et mettez les dates à votre calendrier dès qu’elles sortiront. Que ce soit pour vivre une expérience de Comiccon mais plus abordable et à échelle plus humaine ou une expérience de congrès Boréal en région. Ou simplement pour vous divertir avec vos proches. J’ai aucun doute que l’équipe d’Amélie va nous revenir avec une programmation spectaculaire en 2027.

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