Quand je cours, je pense à plusieurs de choses. Après avoir passé en revue ma vitesse, ma foulée, ma respiration et mes sensations, il me reste juste assez d’espace mental pour être dans le moment présent. Je m’émerveille devant la nature, je m’inspire, je médite sur ce que je fais en ce moment même et ce que ça m’apporte concrètement. C’est lors de ces moments de réflexion que je trouve pleins de comparaisons entre la course et l’écriture.
Rester assise devant un écran à essayer de forcer les mots est pour moi contre-productif. Bouger oxygène le cerveau. Bouger en nature ou devant une série, engrange des réflexions, des idées. Je suis restée assez longtemps couchée à regarder le plafond en essayant de dénouer des intrigues pour savoir que la sédentarité est l’ennemie absolue de l’imaginaire. Ça paralyse ton cerveau, ralentit le processus créatif.

La course à pied a été une belle surprise dans mon processus d’écriture. Je me suis rendu compte que davantage d’activité physique me permettait de travailler plus et mieux en étant moins fatiguée. Et quand j’ai dû faire une pause d’écriture à l’automne dernier, c’est la course à pied qui m’a permis de garder le moral. Moi qui croyais dépendre de l’écriture pour ma santé mentale, j’étais heureuse d’avoir cet autre défouloir pendant ces mois où mes doigts n’avaient plus envie de parcourir le clavier.
Je ne fais pas partie des personnes qui pensent que sport et culture s’opposent. Je crois qu’ils sont complémentaires. Je cours pour mieux créer. Je crée pour donner un sens à tout ça. Ces deux passions ont tant en commun que je ne suis pas étonnée qu’elles se concilient aussi bien. Voici quelques comparaisons inspirées de l’écriture et la course à pied :
- Soupape d’évacuation : Les deux activités permettent de se défouler, de s’évader et d’oublier le quotidien. Elles permettent aussi de mettre de l’ordre dans ses idées et d’aborder les problèmes avec un regard nouveau.
- Y a pas de séance trop courte : Quinze minutes, c’est tout ce dont tu as besoin pour intégrer l’écriture comme l’activité physique dans ton quotidien. Chaque séance compte, même les plus courtes et les moins productives.
- Varier les séances : Pour progresser en course à pied, on recommande de varier les surfaces, les distances, les intensités, les dénivelés, les chaussures… Ça fonctionne aussi avec l’écriture: Essayer d’écrire à différents moments de la journée, changer d’endroit, alterner entre papier ou ordi, écrire différentes longueurs de textes, expérimenter avec les genres… Bref, sortir de la routine permet d’être plus flexible et de s’adapter à toutes les conditions.
- Écrire un roman, c’est comme courir un marathon : Ça demande une routine, de l’entraînement, de la discipline. Ça prend du temps et de la patience. Sans compter le fameux mur du marathon, ce moment où ta motivation est au plus bas et tu te demandes pourquoi tu t’infliges ça. Ben ça risque d’arriver aussi en travaillant sur un projet long comme un roman.
- Trouver sa motivation fondamentale : C’est ce qui te permet d’y revenir semaine après semaine et c’est aussi ça qui te permet de passer à travers le fameux mur. Sinon, tu risques de trouver le temps long, voire de te décourager avant d’atteindre la ligne d’arrivée.
- S’écouter : Il faut parfois se pousser un peu, explorer nos limites pour découvrir jusqu’où on peut aller. En course à pied, les signaux que t’envoie ton corps sont gros comme des panneaux à Las Vegas. Ne pas les écouter résulte souvent en une blessure. En écriture, c’est plus subtil. Il faut être très attentif à son niveau de fatigue et à sa motivation. Dans les deux cas, ignorer les signaux peuvent t’empêcher de pratiquer ton activité préférée pendant un moment. Il faut savoir lâcher prise, quitte à réévaluer ses objectifs afin d’atteindre notre but.
En mai, je me suis donné comme défi de parcourir à la course la distance entre la marina de Notre-Dame-du-Lac et le barrage de Dégelis en longeant le lac Témiscouata. Ces rives m’inspirent énormément pour mon projet de pirates. Une bonne partie de l’action de mon roman s’y passe.
Pour y arriver, je dois augmenter légèrement mon volume de course. Alors j’ai décidé d’en profiter pour joindre l’utile à l’agréable: je me suis inscrite au défi 1001 raisons de courir afin d’amasser des fonds pour la fondation du CHU Sainte-Justine. Sachant que j’ai couru 77km en avril et que mon record établi est de 88 km en novembre dernier, crois-tu que je peux atteindre les 100km ce mois-ci?
Toi aussi, tu as envie de te mettre doucement à la course et tu souhaites courir pour la bonne cause? Tu peux t’inscrire à Courir pour les zèbres les 6-7 juin. C’est une course décentralisée que tu peux faire n’importe où à n’importe quel moment au cours du weekend. Il suffit d’acheter un dossard et, au moment venu, marcher ou courir 7000 mètres afin de sensibiliser pour les 7000 maladies orphelines. Ça te dit d’essayer?
Bon, allez, je retourne à mes histoires et je te laisse avec quelques images prises lors de mes sorties de course. Tu vas comprendre d’où me vient mon inspiration.













